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Habituée au don du sang à Genève, hier je suis allée donner du sang à San Rafael. Ici le don n’est pas anonyme, et on donne du sang lorsque quelqu’un en a besoin. On ne donne pas directement son sang au receveur, mais on compense dans le stock de la banque du sang les poches qui lui ont été données.

Le père de Daniel avait besoin de sang hier. Etant donneuse universelle avec mon groupe O+, j’y suis allée le matin à 9h. Première grosse différence avec le don du sang à Genève, il faut arriver à jeûn. J’ai donc juste bu un peu d’eau.

Ensuite le questionnaire. Peu leur importe de savoir si vous avez séjourné en Angleterre ou dans des pays tropicaux. Par contre vos affaires sentimentales et celles de votre conjoint occupent environ la moitié de la feuille. De même, quelques questions s’assurent que vous ne faites pas ce don pour de l’argent ou autre compensation (vu qu’il n’est pas anonyme). Et bien sûr les questions habituelles sur les prises de médicaments, les tatouages et les maladies en général.

Mon tour est venu d’entrer dans le laboratoire proprement dit. Marcel est resté dehors m’attendre pour ma sortie qui risquait d’être fracassante vu que mon ventre criait famine déjà drôlement fort. L’infirmière m’a demandé ma tension habituelle que je lui ai donnée, et elle l’a notée telle quelle sur la feuille. La confiance est de mise. Elle a ensuite sorti le matériel, enfermé comme il se doit en poche stérile….et me l’a installé sans que je me souvienne l’avoir vue se laver les mains…Mais comme il n’y avait pas de lavabo…

Enfin, après 12-15 minutes avec l’aiguille dans le bras, à l’oeil la poche avait l’air pleine, donc elle m’a gentiment collé une boule de coton avec un scotch, et m’a fait un grand sourire pour me remercier. Dire qu’à Genève on nous emballe le bras comme si on sortait d’une amputation, il doit y avoir un juste milieu. Daniel est ensuite allé me chercher de quoi déjeuner, car comme prévu je suis restée un peu aplatie…

Don du sang anonyme chez nous, ou pour quelqu’un de précis ici, quelle est la meilleure solution pour motiver les gens à accomplir cet acte de civisme et de générosité tellement simple ? Lorsque quelqu’un a besoin de sang, sa famille ou ses connaissances se relaient pour donner le nécessaire, et pour recruter des donneurs. D’un autre côté, d’aucuns se préservent certainement, vu que l’on ne peut donner que deux fois par an…Pourquoi donner à un inconnu alors que quelqu’un de proche peut en avoir besoin dans deux semaines ? Restent toujours les religieux ou mêmes des associations de donneurs, disposés à donner de leur temps et de leur sang lorsque les ressources sont épuisées…

Le don du sang sans qu’il soit anonyme conduit également au risque que les donneurs cherchent à gagner de l’argent par ce moyen. Qu’en est-il alors de la franchise lors des réponses au questionnaire de santé ?

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