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Parce que mes rideaux, c’est moi qui les ai faits ! Largement aidée par Raquel qui a eu une patience d’ange à mon égard, étant donné mon don inné pour la couture et mon sens pratique de la confection. J’ai passé trois jours chez elle à faire marcher la machine à coudre, de quoi faire remonter quelques souvenirs…

Raquel en plein enseignement

Raquel en plein enseignement

En plein effort

Et moi en plein effort

Car même si je suis une tanche en la matière, j’ai tout de même été gardée, petite, plusieurs années par une couturière, que tous les enfants appelaient Guiguite (Marguerite étant imprononçable quand on est petit). Je me rappelle des après-midis à faufiler des chutes d’étoffe pour essayer de les faire ressembler à d’improbables ours en peluche tandis que Guiguite faisait filer sous ses doigts des mètres de tissus qui comme par magie devenaient robes, pantalons et autres vêtements. Elle me laissait de temps à autre faire de gros points sur des pièces pour préparer sa couture, après avoir piqué les épingles qui donnait une première forme à l’ouvrage.

Quand venait l’heure du goûter, le parfum du thé envahissait sa petite cuisine, et alors que je pouvais allumer la télévision pour quelques minutes de dessins animés elle tranchait le pain des « 4 heures ». Patiemment elle tartinait le tout de beurre tellement froid et dur que lorsque j’essayais de le faire moi-même il ne restait qu’un trou dans la mie avec de la croûte autour. Elle reprenait alors le couteau pour finir la préparation, et posait sur la table le pot de sucre en poudre. Car oui, j’avais droit à des tartines au sucre ! Et comme la croûte épaisse était difficile à trancher avec les dents sans envoyer la moitié du sucre par terre, elle faisait des entailles le long de la croûte pour la pré-couper…Pendant que je me régalais de cet affront à la diététique, elle reprenait le cours de ses occupations et me sortait de la pâte à modeler pour varier les activités une fois la télévision remise au silence.

Je ne me rappelle plus combien d’années j’ai passées chez elle, mais l’odeur de la naphtaline dans sa petite chambre où je faisais parfois la sieste me revient en mémoire, de même que la vibration des vitres au passage des camions dans la rue, et les visites ponctuelles de M. Decroux qui amenait toujours une petite douceur à manger. Des souvenirs d’enfance que je partage avec un autre mangeur de tartines que je n’ai jamais perdu de vue, et qui a peut-être de meilleurs restes que moi en matière de couture…

Résultat final

Résultat final

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