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On était en train de manger à midi quand elle a téléphoné. Un accent auquel je ne suis pas trop habituée, elle parle vite et le portable crachote. Je comprends que c’est une journaliste de Rosario (petit clin d’œil à Elisa) qui travaille pour un programme diffusé plusieurs fois dans la semaine, qu’elle est à San Rafael pour couvrir les activités du Valle Grande, qu’elle n’a pas de moyen de locomotion et qu’on se rappelle pour arranger son déplacement…Ah, et le reportage est gratuit, ce qui a le mérite d’être très intéressant…

Je laisse Daniel la rappeler vu que pour moi c’est un poil confus. On n’a pas le temps d’aller la chercher à son hôtel, mais Pablo est en ville et la ramènera ici pour nous. Il nous appelle à l’heure convenue pour nous dire qu’elle n’est pas là et que personne à la réception n’a entendu parler d’une journaliste de Rosario…Qu’importe, je la rappelle, elle descend à la réception et arrive avec Pablo.

Il faut l’avouer, elle n’est pas bien sexy, avec ses lèvres exagérément botoxées, ses racines noires de 4 mois sous un blond platine plus que délavé et ses fesses molles qui dépassent du short…Elle est là avec sa fille et son « ami-assistant ». Il sort d’ailleurs une petite caméra tout ce qu’il y a de plus commun dans le commerce, un gros micro carré sans aucun logo et dit à la journaliste face au panneau d’explication « uno dos y tres » avant de commencer à tourner. Journaliste pour un canal de Rosario en reportage à San Rafael elle porte une casquette publicitaire de Cordoba. Mais bon…Elle pose à Daniel quelques questions nouilles puis il lui propose de monter avec sa fille pour connaître l’activité. L’assistant reste pendant ce temps au sol. Daniel leur fait le briefing puis elles partent dans le premier niveau. Je ne vois ça que d’un œil, nous avons beaucoup de monde. Au bout de 3 minutes, Daniel me dit en radio « c’est du cinéma, rien de professionnel, je vais la virer ». Je suis stupéfaite…Effectivement, toutes les journalistes n’ont peut-être pas le brushing de Claire Chazal, mais quand même…Quelques minutes plus tard je vois Daniel qui fait descendre la miss et sa gamine de la 3e plateforme, fin du bal.

Je suis à ce moment là en train de faire payer des entrées et de préparer les prochains clients. Daniel a disparu, notre groupe journalistique poirote devant moi. Tout à coup, l’assistant commence un scandale propre en ordre devant l’admin du parc, l’histoire dérape. Je fais sortir Daniel en lui annonçant en radio que ça tourne au vinaigre. Il sort et commence à se dire des mots avec la journaliste. Puis je les vois monter dans la camionnette, lui devant, les 3 derrière, tel un taxi, et sortir du parc vitesse grand V. Il faudra attendre le retour de Daniel pour en savoir plus.

Pendant que les deux commençaient à jouer dans le parc, Daniel avait marcher les contacts pour tenter d’en savoir plus. Pablo qui les avait ramenés disait en riant que c’était du bidon, que ces gens n’avaient aucune idée de la région et qu’elle ne devait pas être plus journaliste que lui. Il a aussi appelé Agusto, un ami largement placé dans les médias de Rosario qui a dit qu’effectivement elle était locutora (speakerine), mais sans aucune réputation, ni programme télé et qu’elle n’était absolument pas en vue. Au moment où Daniel en a eu assez de la mascarade qui se jouait chez nous, il a demandé à l' »assistant » une carte de presse, que bien sûr ils avaient laissée à l’hôtel. C’est ce qui a mis le feu aux poudres.

Nous saurons le lendemain par l’office du tourisme que la blonde décolorée s’est faite balader tout autour de San Rafael aux frais de la princesse, et que la plupart des prestataires qu’elle avait contactés sont allés se plaindre aux responsables du tourisme de San Rafael. Avec sa famille, la pseudo-journaliste voyageait gratis et se faisait inviter pour toutes les activités possibles. Visite de bodega, rafting, nous, sans oublier un tour au lac des Reyunos sponsorisé par l’office du tourisme lui-même qui a mis à la disposition de la petite famille un mini-bus avec chauffeur…

On aura bien rit finalement, c’est fou ce que les gens vont inventer…

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