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Dans ce pays, beaucoup de choses s’achètent à crédit. Les gens paient en janvier ce qu’ils ont consommé en juin de l’année passée, et cela vaut bien souvent même pour les courses au supermarché. Les panneaux « 12 cuotas sin interes » fleurissent dans toutes les échoppes, et on ne compte plus les bureaux qui annoncent qu’ils prêtent de l’argent sur simple présentation de la carte d’identité. Bien entendu, le panneau n’annonce pas le taux d’intérêt, qui dans nos contrées européennes serait qualifié d’usurier. Les rachats de crédit sont aussi prometteurs qu’en Europe, et tout aussi désastreux pour les familles.

Julio n’en est pas encore là, mais on y va gentiment, malheureusement. Il a su se débarrasser au bon moment d’une moto qu’il avait achetée, qui lui aurait coûté un œil au final. Cependant, il n’a toujours pas de frigo. Pas simple quand on a une petite fille. Ça l’oblige du coup à faire des courses tous les jours à l’épicerie du coin, qui même en pratiquant des prix préférentiels pour lui, reste bien plus chère que le supermarché en ville (où il peut aller en profitant de nos déplacements).

Il n’a pas de frigo, mais il a la télé par satellite. Il faut avoir des priorités dans la vie. Les mensualités de la télé lui permettraient sans problème de s’offrir un frigo en payant en cuotas, ou même d’un seul coup (donc moins cher) s’il avait mis de côté cet argent plutôt que le donner à l’un des plus grands voleurs officiels de la ville.

Les problèmes de gestion de ces familles sont, on s’en rend compte maintenant, chroniques et avec peu d’espoir de s’arranger. Avec le salaire qu’il reçoit de notre part, il pourrait vivre sans problème en se créant une petite épargne. Surtout qu’il ne paie pas de loyer (il est logé) ni d’assurance, comprise dans son contrat de travail pour toute sa famille. Mais quand il est temps de payer sa femme par exemple, elle préfère que nous gardions nous même le surplus, l’argent lui brûlant les doigts. C’est là que le bas blesse. S’ils ont de l’argent, ils le dépensent…Et pas dans des articles de première nécessité, nous l’avons déjà vu plusieurs fois…C’est tellement dommage…Et il n’est pas rare que le 10 du mois ils nous demandent une avance, ayant passé par le centre-ville le 9, et s’étant offert pantalon de marque ou bijoux….

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