J’ai étudié solfège et violon pendant plus de 10 ans, et ensuite laissé tout cela de côté pendant un sacré moment. Mais j’ai toujours les doigts qui me démangent quand j’entends une mélodie qui me plaît. Mon violon s’est bien sûr expatrié avec nous, et j’ai rejoué pour la première fois avec d’autres musiciens il y a 10 jours pour l’asado de fin des vendanges.

La prestation que nous avons fournie avec Magui était acceptable, mais nous avons toutes les deux envie d’aller plus loin. Nous avons donc décidé que j’irais de temps à autre à son cours de guitare pour discuter avec son prof et voir ce que nous pouvions faire ensemble. La première fois c’était hier…et ça a été un drôle de choc.

Après des années dans une école de musique où j’ai appris ce que je sais, mais où l’on me disait que mes prestations étaient souvent trop scolaires, je me rends en plus compte que j’ai suivi énormément de cours de technique…Et que je viens de prendre mon premier cours de « musique ».

Magui choisit elle-même les chansons qu’elle veut jouer, et son prof lui présente ensuite des tablatures. Ce qui lui permet, sans savoir lire la musique, de jouer immédiatement. Après lui avoir donné le goût de la musique, il lui enseignera la lecture des partitions. Nous jouions donc, elle et moi, Luna Tucumana et Quiero ser tu sombra, deux mélodies traditionnelles. La première sortait relativement bien, quant à la deuxième, un passage me posait de sacrés problèmes techniques…

Et c’est sur ce 2e morceau que mes repères ont disparu d’un coup. Pourquoi, me dit-il, ne passes-tu pas à l’octave supérieure pour pouvoir jouer une corde à vide et économiser un mouvement d’archet….Beeeen…Parce que ce n’est pas écrit comme ça…Première mauvaise réponse qui le fait sourire…Et boum, me voilà perdue pour jouer ce qui est écrit une octave plus haut…Ce que je vois ne correspond pas à la position de mes doigts et je m’embrouille. Va falloir bosser…

Pendant les 15 dernières minutes, nous laissons de côté le répertoire populaire, et je le regarde enseigner à Magui les bases des accords de blues. Une fois qu’elle a plus ou moins attrapé le coup, il me dit « vas-y, joue là-dessus ». Le plus naturellement du monde. Euuuuhhh….voui mais là j’ai pas de partition. C’est pas grave, tu prends les notes La-Do-Ré-Mi-Sol et tu fais ce que tu veux. Mais oui mais je sais pas faire ça moi…Et de le regarder avec des yeux de merlan frit pendant qu’il grattouille sa guitare en mesure avec Magui qui sourit et compte les points. Après des débuts timides, j’arrive à me lâcher un peu et à faire quelque chose….Quelques couacs par-ci par-là, on s’en fiche, c’est de l’impro…Après tant d’années d’études, je n’en avais jamais fait, et je me rends compte qu’en ayant été toute ma vie musicale enfermée dans des partitions, je suis passée à côté de plein de choses…De nouvelles envies arrivent…

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