Daniel a déjà fait plusieurs cours de premiers secours en Suisse, et un ici. Nous avons reçu un mail de Vito, notre guide qui connaît l’Aconcagua comme sa poche. Il est justement instructeur sur la nouvelle session de cours. C’était donc mon tour de m’inscrire pour deux jours dans le Valle Grande. Je n’ai fait un cours qu’une seule fois, l’année passée, mais nous étions 50, et pour une petite journée. Autant dire qu’on n’avait pas appris grand chose…

Vito et Cacho sont nos instructeurs, nous sommes 7 « élèves ». Nous commençons avec le basique, prendre le pouls et la tension.

Le Gringo, qui prête son camping pour l'occasion

Le Gringo, qui prête son camping pour l'occasion

C’est un peu flou pour moi sur le début avec de nombreuses abréviations qui ne viennent pas d’instinct, mais ça fini par rentrer. Les deux profs sont passionnants, et leur envie de transmettre est palpable.

Stressant comme salle de classe...

Stressant comme salle de classe...

Grâce à son expérience en montagne, Vito nous enseigne comment faire un sac à dos pour porter un blessé ne pouvant marcher quand on est seul, ou encore une civière de fortune avec une corde de 30 mètres. Pour cette dernière mieux vaut être 3 valides, et avoir une deuxième corde pour ficeler l’accidenté.

Vito nous montre le sac à viande

Vito nous montre le sac à viande

On se prépare pour la civière

On se prépare pour la civière

Une fois limitées les dimensions, on tresse avec la corde

Une fois limitées les dimensions, on tresse avec la corde

Le noeud à faire de chaque côté

Le noeud à faire de chaque côté

Et voilà le travail

Et voilà le travail

Quand on a le coup pour faire le nœud, ça va très vite. Il est utile de savoir la faire en cas de sortie de trekking ou d’escalade. Comme l’idéal est bien sûr de transporter le blessé sur quelque chose de rigide, on ajoute là-dessus des sacs à dos, à l’envers, remplis de branches.

José en victime volontaire

José en victime volontaire

Les mousquetons sur la poitrine permettent de défaire rapidement la partie supérieure en cas de besoin (réanimation cardio-pulmonaire ou autre). José faisait ce cours pour se maintenir à jour, il a donc souvent été notre victime désignée.

A la nuit tombée, avant le repas, Vito est parti se mettre en situation pour que nous allions le secourir. Caché sous des troncs, il jouait son rôle à la perfection, hurlant quand on le touchait, nous mettant en situation difficile en se débattant, perdant connaissance, revenant à lui…Un grand acteur ! Nous avons même appris à faire des atèles avec des bouteilles en plastique. Comme disaient les instructeurs, « hago lo que puedo, como puedo, con lo que tengo« .

Si près de chez moi et surtout de mon lit confortable, j’ai décliné l’invitation à dormir sur place et je suis revenue au cours le lendemain matin. A voir leurs petits yeux, j’ai bien fait de rentrer à la maison.

Après avoir révisé les acquis de la veille, nous sommes partis sur la réanimation. Nous disposons de plusieurs mannequins pour nous entraîner, dont un de nourrisson. En espérant ne jamais avoir à pratiquer sur un bébé !

A midi en mangeant mon sandwich pendant que les autres se lancent dans la préparation d’un plat de pâtes, je repère plusieurs condors en vol. Ils doivent être 8 au-dessus du camping. Une jeune se fait prendre au piège des thermiques flaiblichons, il faut dire que le temps est couvert. Elle reste un bon moment dans la paroi, à monter « à pied », avant de décoller à nouveau.

En cherchant un peu on la voit avec ses ailes ouvertes

En cherchant un peu on la voit avec ses ailes ouvertes

Les petites fleurs et les insectes sortent timidement, certaines journées sont déjà bien agréables mais il y a encore quelques coups de froid.

Une abeille sortie butiner

Une abeille sortie butiner

L’après-midi est consacré aux révisions générales. On apprend aussi quelques détails supplémentaires, comme par exemple passer un isolant sous le corps d’un blessé sans le lever.

On replie environ un quart de la natte...

On replie environ un quart de la natte...

Celui qui dirige est celui qui a la tête de la victime dans les mains. Au moment de retourner le blessé, ne jamais demander « tout le monde est prêt? ». La majorité va dire que oui, et personne ne se rendra compte que quelqu’un ne l’était pas. La question à se rappeler donc : »Alguien no esta listo? »

...et on rebascule la victime dessus. Y'a plus qu'à déplier

...et on rebascule la victime dessus. Y'a plus qu'à déplier

Depuis le cours, à croire que c’est fait exprès, mais j’ai déjà eu le droit de m’occuper de plusieurs jeunes avec de fortes nausées et une prof avec une belle chute de tension. J’ai même pu préparer ma première fiche de secours, à laisser au médecin à son arrivée. Fiche que selon Vito et Cacho ils ne liront que rarement, mais qu’il ne faut jamais oublier de faire, au cas où…

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