Aujourd’hui j’ai pu faire un grand pas dans l’obtention des papiers argentins. J’ai reçu la residencia precaria. Valable pendant 3 mois, elle m’autorise d’ores et déjà à tous les avantages d’un habitant local. J’avais commencé les formalités après le mariage, mais à cause d’un gros bordel petit imprévu il avait tout fallu remettre à plus tard. Vu notre voyage en Europe en mai-juin, j’ai dû redemander au retour un nouvel extrait de casier judiciaire, pour être certains que je n’avais tué personne pendant mes vacances. Le temps que le papier arrive, qu’il parte à Mendoza pour une nouvelle traduction assermentée, suivie de la certification par le tribunal local, me voilà partie pour une matinée de formalités comme je les aime.

J’ai de la chance, c’est toujours le même préposé et il commence à me connaître. Il est sympa, il essaie toujours de caser dans la conversation les 3 mots de français qu’il connaît. Cette fois-ci mon entrée sur le territoire à La Quiaca a été faite dans les règles et on peut donc commencer la procédure. Après avoir vérifié que j’avais tous les papiers en main, il m’envoie faire encore quelques photocopies au petit kiosque d’à côté. Puis à la banque. Une heure et demi de queue, le truc qui me fait sortir de bonne humeur pour retourner à l’Immigration.

De retour chez Horacio, il m’envoie à la police fédérale donner mes papiers pour Interpol. Je retourne à l’Immigration pour me faire renvoyer au kiosque où on va me donner l »enveloppe pour la police ». Ça a l’air bien mystérieux comme ça, mais la vendeuse sait, me dit Horacio. Elle me regroupe effectivement plusieurs papiers dans une enveloppe, deux pesos s’il vous plaît. « Vous faites des formalités? » – « Non, saucisse, c’est juste pour le plaisir ». « Oui, merci beaucoup ».

Je retourne chez Horacio, qui me montre les fameuses feuilles. Je dois aller à la banque récupérer trois codigos et payer deux reçus. Je le regarde pour savoir s’il se moque de moi. Je viens de passer une heure et demi à la banque et je vais pouvoir y retourner alors que j’aurais tout pu faire d’un coup ??? Je trouve je ne sais où un reste de bonne volonté pour faire un sourire et lui dire que je repasserai la semaine prochaine. Ça le fait rire aussi. Ben voyons. Mais c’est exactement le genre de personne qu’il faut sans arrêt caresser dans le sens du poil.

Enfin, j’ai tout de même le papier de residencia precaria en main. La semaine prochaine je dois donc retourner à la banque pour payer l’équivalent des timbres fiscaux français, puis en fin de journée aller à la police scientifique pour la prise d’empreinte, puis le lendemain (parce que bien sûr les horaires ne sont pas compatibles) retourner à l’Immigration vérifier que tout soit en ordre pour envoyer le dossier complet à Buenos Aires. Mais enfin, ça se termine !