Décembre et janvier, c’est la saison des orages. Jusque là tout se passait bien, pas trop fort, juste assez pour avoir de l’eau et nous rafraîchir de temps à autre. Jusqu’à samedi 28 décembre…

Au moment de nous coucher, j’ai regardé le radar, trouvant que les éclairs dans le ciel semblaient se rapprocher de chez nous. Effectivement, un orage important arrivait, et à grande vitesse. Ça c’est plutôt une bonne nouvelle dans l’absolu, s’il va vite il ne va pas rester longtemps. La pluie en elle-même n’a pas été très importante, beaucoup de vent, mais rien de grave. Nous sommes allés dormir en communication par radio avec Pablo qui vit au bord de la rivière.

Nous dormions depuis environ une heure quand il nous a appelé avec le talkie pour nous dire « Chicos, se me esta complicando ». Vite, sortir du lit et regarder par la fenêtre. Catastrophe, le parc est sous l’eau, le canal déborde et tout est inondé. Alors que je retiens Daniel d’aller chez Pablo (la dernière fois ils ont fini réfugiés sur le toit), nous allons faire le point devant la maison. La rivière a dû monter d’un mètre. L’eau qui recouvre le parc semble cependant venir du canal, qui passe encore tout juste sous la passerelle.

Pablo nous rejoint, l’eau lèche la terrasse de sa maison, mais heureusement le niveau a cessé de monter. Nous nous en rendons compte ici aussi, ça baisse doucement, heureusement. Plus de peur que de mal, il ne nous reste qu’à nous mettre au lit et faire le point des dégâts le lendemain.

Deux jours de travail pour tout nettoyer, on s’en sort cette fois-ci à bon compte. Aucun blessé dans la vallée, une tente emportée mais vide, plus de peur que de mal. Et de croiser les doigts à chaque fois qu’on voit apparaître un nuage…Entre le besoin d’eau et la peur de l’inondation, le prix à payer pour vivre au bord de la rivière…

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