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Le dernier « impératif » du programme c’était le camp de base de la fondation Bioandina, à Pailemán, Río Negro. C’est là qu’ont lieu les libérations des poussins élevés en captivité à Buenos Aires, que ce soit au PCCA ou au zoo d’Olavarría. Depuis le camp de base, la fondation surveilles les nids qui ont été faits dans la zone.

Afin d’encourager les condors à venir/rester, la fondation utilise un couple dit d’ancrage. Il s’agit de deux condors en cage qui, par leur présence, indiquent à d’autres oiseaux que le lieu est propice à leur installation. L’idée en mettant ces deux condors ensemble étaient aussi de créer un couple reproducteur, mais ces deux-là ne se sont pas plu…

La volière

La volière

Les condors sont monogames et grégaires. En cas de mort d’un partenaire cependant, si celui qui reste n’est pas trop vieux, il cherchera à former un autre couple reproducteur. Dans le cas contraire il finira sa vie en célibataire dans un groupe de plusieurs condors.

C’est un peu triste de voir ces deux condors enfermés, même en sachant qu’ils ont un important rôle à jouer dans ce projet de réintroduction. Volcan et Purma sont deux condors valides, et du coup ils seront prochainement libérés dans la province de Jujuy. La fondation va changer le couple d’ancrage étant donné que ceux-ci ne se décident pas à se reproduire, et va mettre dans la cage des oiseaux de toute façon non-libérables à cause des blessures qu’ils présentent.

Wichi descend manger

Wichi descend manger

Volcan a déjà été vu en train de faire la cour à Purma, mais elle ne l’accepte pas. Ce qui laisse supposer qu’elle avait déjà un fiancé en liberté. Tous deux ont été récupérés blessés et ont été réhabilités au zoo de Buenos Aires.

Wichi sur la tête d'une vache

Wichi sur la tête d’une vache

Le travail du camp de base consiste à observer différents points, la volière, le nid de Pailimin et Wichi, et un autre occupé par un couple un peu plus loin. Toujours dans des petits refuges dissimulés pour que les oiseaux ne voient pas l’homme.

A notre arrivée, triste nouvelle, Pailimin a disparu depuis un mois. Il venait d’avoir un poussin avec Wichi. Elle reste donc seule à l’alimenter, mais s’en occupe peu car le mâle en avait pris la responsabilité. Connaissant l’implication de Pailimin dans l’élevage de ses petits, tout laisse à croire qu’il est mort, empoisonné, attaqué par les hommes ou s’étant heurté à une ligne à haute tension.

Elle nous surveille d'un oeil

Elle nous surveille d’un œil

Le deuxième soir nous sommes allés donner à manger aux oiseaux de la cage, et nous avons laissé aussi de quoi manger à l’extérieur pour Wichi. Une montée en silence et à la lampe de poche. Les condors ne sont toutefois pas dupes, et lorsque nous sommes cachés dans le refuge face à la volière ils nous entendent parfaitement, de même que la nuit bien que nous ne parlions pas.

La station météo du camp de base

La station météo du camp de base

Pas facile certainement pour les 3 garçons qui sont là de vivre dans un isolement pareil. De plus, dans un tel projet de réintroduction, les « évènements » arrivent au goutte à goutte, les condors n’étant pas une espèce rapide à se reproduire. Ils atteignent la maturité sexuelle vers 7 ou 8 ans, et n’ont généralement qu’un poussin tous les deux ans. Nous avons eu beaucoup de chance lors de notre visite de voir Wichi les deux jours où nous y étions. Selon les employés, et nous voulons bien les croire, ils passent parfois des journées complètes à attendre sans voir un seul condor. Et leur travail se fait tout au long de l’année, hiver (rude) compris…

Le moulin à eau

Le moulin à eau

C’est le job de la débrouille, trouver à manger pour les condors (viande morte) chez les paysans du coin, ou alors acheter des animaux vivants et les tuer sur place, ce qui ne doit vraiment pas être facile, physiquement (quand il s’agit d’une vache par exemple) et émotionnellement parlant. Réparer tout ce qui se casse, véhicule quand c’est possible, moulin, pompe… Le tout complètement coupés du monde, si ce n’est, depuis cette année, des émetteurs GPS permettant d’appeler du secours en cas de pépin et un téléphone satellite qui sert à recevoir les instructions des chefs de projet.

Alors que nous repartions avec eux pour justement les déposer en ville pour leur jour de congé hebdomadaire, nous sommes passés chez un voisin pour lui demander s’il avait besoin de quelque chose. Et la voisine a justement pu informer les garçons que l’émission radio du jour leur avait laissé un message, quant à un autre voisin qui avait un veau à disposition pour les condors… Le job de la débrouille et de la solidarité…