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En fait ici c’est bien sûr la nuit la plus longue lorsque l’on passe à l’hiver. En ce 20 juin, c’était le jour d’ouverture de la saison de ski à Las Leñas, LA station de ski de Mendoza. Comme résidente argentine toute neuve (je viens de recevoir mon DNI), j’avais droit à l’entrée gratuite ce jour-là. Nous sommes donc partis avec Santiago pour la station, avec un trajet en bus organisé depuis San Rafael.

La journée promettait d’être inoubliable, elle l’a été, mais pas pour les motifs que l’on espérait. Dès notre arrivée il neigeait, avec des rafales de vent assez fortes par moment, et des flocons qui piquaient les joues. Une fois sur les pistes (et après une heure de queue pour prendre l’assurance obligatoire pour la journée), on ne voyait jamais plus loin que le 3e poteau des remontées mécaniques.

Les montées en télésiège étaient un véritable supplice, et nous arrivions en haut transformés en bonhommes de neige. Le vent s’immisçant sous les vestes mouillées, on finissait par être transis de froid. Après le repas, nous avons fait encore une descente avec Santiago, avant que je ne renonce et que j’aille me mettre au chaud. J’étais prête à payer un chocolat chaud à prix d’or pour quelques minutes à l’abri.

A l’intérieur du bar j’ai connu une fille qui avait à peu près aussi froid que moi. Le barman nous a prises en pitié et nous a offert un chocolat à chacune. Si c’est pas la classe. Je suis ensuite retournée faire une descente, me remettre à l’abri… Refaire une descente, entrer à nouveau…

Les remonte-pentes fermant à 16h30, nous sommes retournés au car pour rentrer à San Rafael. Le temps de récupérer tout le monde, il était 18h quand nous avons enfin pu partir. Après quelques centaines de mètres, plus de réseau téléphonique, et ça a son importance… Nous avons rapidement été coincés sur la route, plusieurs cars se retrouvant en travers, et le blizzard pendant ce temps ne faisait que rendre la couche de glace de la chaussée plus épaisse… 9 heures pour faire 40 km et rejoindre la route 40. 6 heures d’attente pour que les machines arrivent et dégagent la chaussée… Avec une journée pendant laquelle la neige n’arrête pas de tomber, comment les services de l’équipement ne prennent pas les devants pour saler la route depuis le début de l’après-midi… Avec, en plus, une carrière de sel à 50 km…

Enfin, nous sommes tous rentrés sains et saufs, et les chauffeurs de bus ont su éviter les accidents, ce qui est un bel exploit sachant ce qu’il s’est passé cette nuit. De retour à 5h du matin à San Rafal, 11 heures après avoir quitté la station de ski, tous les parents avaient passé une nuit fous d’inquiétude pendus à leur téléphone. Car comme nous n’avions aucun signal téléphonique, pas moyen de prévenir qui que ce soit avant d’arriver à 30 km de San Rafael. Les chauffeurs avaient pu prévenir l’agence à 2h30, une fois arrivés au Sosneado…

La nuit la plus longue donc, le nouvel an mapuche, nous en avons profité à plein dans notre bus nocturne… Et c’était bien le jour le plus long, plus de 24 heures entre le lever et le coucher suivant, enfin à la maison.